La ministre de l’Education, Nicole Sanquer-Fareata, a officiellement ouvert, jeudi matin, au lycée hôtelier, à Punaauia, le deuxième séminaire des directeurs d’école et des CJA (Centre pour jeunes adolescents). L’école en Polynésie se doit d’être ambitieuse et exigeante pour se mettre au service de la réussite de tous ses élèves, a souligné la ministre.
Les efforts entrepris commencent à porter leurs fruits. L’état des lieux du système éducatif il y a deux ans laissait apparaître que 38% des élèves en fin de CM2 avaient des acquis insuffisants en français. La lutte contre l’illettrisme et le décrochage scolaire, à laquelle la ministre de l’Education et les enseignants dans leur ensemble sont attachés, a eu pour conséquence que ce pourcentage, après analyse des évaluations nationales soumises aux élèves en Polynésie, soit descendu à 28%.
La ministre a aussi mis l’accent sur la nécessité de privilégier une meilleure continuité vers le second degré. A ce titre, la mise en œuvre du nouveau cycle III (CM1, CM2 et 6ème) a notamment pour vocation de privilégier la continuité des apprentissages et ce dans toutes les disciplines. C’est pourquoi les programmes de l’école maternelle, de l’école élémentaire et du collège, ont été réactualisés en ce sens et soumis mercredi après-midi à l’avis du Haut-comité de l’éducation. C’est pourquoi également, l’enseignement des langues polynésiennes sera effectif en 6ème à la rentrée d’août 2016.
Ces actions doivent s’inscrire dans un schéma directeur des formations cohérent, et conçu avec les partenaires extérieurs pour permettre aussi bien aux acteurs du système éducatif, qu’à leurs usagers, mais aussi au monde du travail, d’avoir une lisibilité du parcours d’enseignement, a également souligné la ministre. C’est dans ce contexte que les centres de jeunes adolescents (CJA) et les centres d’enseignement aux technologies adaptées au développement (CETAD) font l’objet d’une réforme pour redynamiser ces structures. Pour la première fois depuis plus de 10 ans, un concours de recrutement de moniteurs d’enseignement pratique est organisé.
C’est dans ce contexte aussi que la Polynésie française s’est dotée de réseaux d’éducation prioritaire adaptés à sa géographie. Trois REP+ ont ainsi été ouverts à la rentrée dernière sur Faa’a, Papara et sur l’archipel des Tuamotu. Les résultats observés à partir des évaluations nationales sont très encourageants. En outre, a rappelé la ministre, depuis plus d’un an, les services du Pays et de l’Etat travaillent à la réactualisation de la Charte de l’éducation, et à l’élaboration de la future convention décennale relative à l’éducation. La Charte actualisée, soumise aux avis du Haut-comité de l’éducation, et de la commission de l’éducation de l’Assemblée de la Polynésie française, se veut résolument orientée vers une dynamique de performance.

